mardi 20 janvier 2026

Le GRIF (Groupe pour la réhabilitation inexorable de Féerie pour une autre fois) présente : Voilà Julot et « ses frondes de cul-de-jatte... »

 « le fil du récit de la visite de Clémence Arlon est depuis longtemps perdu. Pour finir, on ne saura même plus ce qu’elle était venue faire chez Céline. Mais entre-temps, un autre des amis-ennemis de celui-ci aura avantageusement pris sa place. C’est ce Jules qui ressemble à Gen Paul, « pote » et voisin de Céline à Montmartre, autant qu’un peintre-sculpteur peut ressembler à un peintre-dessinateur, et un cul-de-jatte à quelqu’un qui avait perdu une jambe à la guerre de 14. La visite de Clémence était peut-être intéressée et peu charitable, mais Jules fait pire. Il met Céline dans un état de double impuissance, en le traitant publiquement de « Boche » en présence d’une foule de curieux qui, à la veille de la Libération, n’attendent qu’une occasion de faire la preuve de leur patriotisme, et en caressant sa femme sous ses yeux, avec l’apparente complicité de celle-ci. Il ne faudra pas moins de toute une nuit de bombardement sur Paris pour faire provisoirement oublier, sinon pour effacer, ce double affront. (Henri Godard, Préface inédite à Féerie pour une autre fois, pour Folio n° 2737, 1995, qui réunit pour la première fois les deux parties) 

Voilà Julot et « ses frondes de cul-de-jatte... »

« (…) voilà son état de jalousie !... il passerait des heures dans sa caisse, tout contre le banc, juste au trottoir, que je me rapproche, qu’il me scie ma fourche et puis m’assomme ! jalmince à crever qu’il est !... pas que du vélo !... tout !... même ma « classe 10 » qu’il me pardonne pas ! lui de « la 11 » !... j’ai eu la médaille avant lui, on me l’a ôtée, bon !... ça aurait pu le rasséréner... bast !... Il a eu la Légion d’honneur, récompense de son héroïsme et de sa blessure cent trente pour cent, cul-de-jatte... voilà je crois de la compensation !... ce que j’ai éprouvé de vrai plaisir !... de bonheur de sa Légion d’honneur !... 


«
Il peignait beaucoup d’Infantes... très demandées les Infantes... presque cul-de-jatte il les faisait... presque au sol, petites, et bossues... comme lui. 

« Plus souvent forcément fatal c’était des petits boulots de clients... vous entriez... le moment qu’il éclaboussait !... il pavoisait une Mairie... drapeaux, fanions, lampions !... vous en preniez plein la tronche !... et votre costard ! Protestations ? Vous rebiffiez ?... Rigodon ! Ses fers ! le balai ! / Cul-de-jatte, rien à dire ! il gagnait !
– Au secours ! qu’il beuglait, en plus ! Satyres ! Voleurs ! Assassins !
Il ameutait la rue contre vous !

« La petite croisée... une enjambée... alors pfluf ! pfloc ! Fers ! cannes ! bouteilles ! poire du mec !... Ah ! Hi ! Ah ! Hi ! Cul-de-jatte le Jules mais pas manchot !... l’adresse même, extraordinaire !... une adresse de singe !... terrible !... rigodon chaque projectile !... […] c’est lui le carabosse malgré tout !... bien dégueulasse, bien féroce, bien roublard, cabotin, abject, mais tout de même cul-de-jatte dans sa merde... scié de 14 !... lui le bagotier ! le coureur au motif comme pas !... son chevalet partout !... des fortifs à Robinson... Arpajon... Bougival... les rives... Suresnes... maintenant là dingue en caisse, baveux... / Très délicat de le raisonner. – Cul-de-jatte de la Marne, tout de même !... Cent quarante pour cent t’as ! la rente !... La Légion d’honneur !... – Ta gueule !

« – Mets ta tête ici ! là ! Justine !
Des poses vraiment plus que baroques !... des idées que de cul-de-jatte bossu qui délirait dans les jambes... Mais qu’elles en pouffaient !

« C’est des cocottes, c’est des putains les gens dehors ! On peut les haïr à mort ! je dis ! Ils méritent mille fois !... Cul-de-jatte pas cul-de-jatte ! avec grand Cordon ! petit Cordon ! ils se valent tous !... Il pouvait parler d’égoïsme Jules ! saloperie !... comme le Clauriac ! comme Ciboire ! comme Larengon ! Monstres ! Monstres tous ! Capitonnés ! Outres sur prie-Dieu ! Squelettes à pantoufles brodées pour crucifixion par choristes mineurs à lèvres tendres ! / Logé en sous-bassement obscur, ça y empêchait pas le monde de venir Jules ! le Tout-Douleurs ! Moi j’avais c’est vrai, mon “7e”, l’air ! la vue ! lointaine ! cent bornes ! toutes les collines jusqu’à Mantes ! Mais quelle haine cet air m’a valu ! cette vue !... personne me les pardonne encore !... lui ses murs dégoulinaient... l’humidité, rigoles !... Ah, si c’était d’un pathétique ! – On voudrait pas faire vivre un chien ! – Oui, mais dis tout de même t’es cul-de-jatte ! tu voudrais pas te taper le “7e ” ! 

« – Allez maintenant carre ! / Il répète... là lui cul-de-jatte chiote !... sournois !... bon !... bon !... en effet ! Je vois... ils sont d’accord... bon !... bon !... Je m’en vais... Je m’en vais... / Ce coup-là je sors...

« Je remémore... comment il a séduit Arlette cul-de-jatte pisseux Jules ?... le café a agi ! certain ! même ils me feraient garrotter maintenant, je dirais : le café a agi ! Il avait un café moka comme on n’en trouve plus ! un véritable filtre d’Arabie !... 

« (…) un immonde ! quelle saleté !... Enfin tel quel il m’est cher... ah, je n’ai pas du tout d’illusions... cul-de-jatte, carabosse !... un putride d’âme et de cœur ! l’égoïste demi-cochon ça se discute pas ! une nature vile... 

« Ça a dû être abominable la déblatération de ce pitre ! bosco cul-de-jatte jaloux venin, pendant que je crevais sur le trottoir ! 

« C’est une portée pour hurler ! trois quatre cents mètres !... il domine, cul-de-jatte mirador !
– Y va crever ! je prédis. J’en ai assez ! flûte ! je le vois bien mourir là-haut dans un tourbillon de flammèches !... chaleur ! chaleur !... il a pas besoin de boire du tout ! qu’il roustisse ! cochon ! comment qu’il tourne sur la plate-forme ! ce manège ! l’acrobate cul-de-jatte ! il est placé à merveille ! 

« – Cul-de-jatte ! malédiction ! jaloux ! voleur !... et ivrogne !
Que pour un kil il se serait jeté de la tour Eiffel !... d’habitude !... la convoitise qu’il a de boire le moment qu’il a soif !... 

« Faut des circonstances de Déluge pour avoir idée des personnes. Ça avait commencé chez lui la façon qu’il m’avait traité... maintenant il appelait les cyclones ! les flammèches... les balles traçantes ! des gerbes ! et que sa caisse prenait pas feu !... le comble ! le comble ! il avait soif et c’est tout !... moi là-haut, sur sa dunette, j’aurais pas tenu... lui, il voltait, tourbillonnait, voguait aux houles... un coup de fer ci ! un coup de canne là ! en gondole ! tapait dans la rampe !... la rampe ployait ! cassait pas ! / Cul ! Chiot ! Jatte ! Violeur !

« – T’as vu son bugle ? Elle a rien vu ! / Les femmes c’est ça ! immorales !... damné cul-de-jatte faisan tronc ! incendiaire bugleur doublard ! l’a pas vu ! / – Tu l’adores ? vas-y !
Je lui crie... tout contre ! qu’elle entende... – Doublarde !

« Quand je pense que j’ai eu un faible pour ce sale vache satyre cul-de-jatte artiste au four ! Salut ma tronche ! 

« Alas ! Vanitatas ! pas un locataire m’écoute ! un peu plus de nerf, de dignité, on s’élancerait tous à l’assaut ! et à la ballotte !... au feu ! au feu ! sorcier canaille cul-de-jatte acrobate ! au four !... je leur répète !... je leur hurle !...
– C’est Jules ! C’est Jules ! À l’assaut ! 

« – Vous avez pas vu Bébert ?
Satané cauchemar greffe ingrat ! aussi cauchemar que « l’être-roulettes » ! à propos ! un mot à ce drôle ! un mot, Jules ! brang ! je profite d’un roulis... une houle qui bouscule tout dehors !... sort tout de la loge ! toutes les viandes ! roule tout à l’entrée de la voûte ! – Eh, plonge ! cul-de-jatte ! Ça fait pas cent fois ! mille fois ! que j’y crie ! Jules adorable !
– Goulot ! goulot ! / Il me fait signe... 

« et l’autre là-haut sur le moulin qu’a plus soif que tous ! soif ! la soif !... le funeste ! le funeste responsable de tout !... de presque tout ! cul-de-jatte-mirador ! je vous l’accuse au fil du récit... 

« Je me retourne vers Jules, vers l’autre bout de la voûte... vers Jules là-haut qui domine tout ! cul-de-jatte-la-gondole ! là-haut ! en voilà un faudrait qu’il saute ! en voilà un qu’est responsable ! qu’a joué un jeu plus qu’étrange !... avec des gestes atmosphériques !... stratosphériques !... ah, pas catholiques !... 

« y a plus personne sur le trottoir... les hurluberlus d’en face sont taillés aussi !... la bignolle et la belle-sœur sont plus devant chez Lambrecaze !... voilà du passe-passe ! vous direz... évaporés ? c’est pas à croire ! y a plus que les deux là-haut en l’air, l’à-poil et le cul-de-jatte !... et moi en bas, et Piram... 

« ils l’ont fini le vulnéraire ! nature ! vulnéraire nature ! le cul-de-jatte et l’indécente !... 

« Ils s’excitent d’aboyer ensemble !... ils ont qu’à sortir tous les deux ! à l’avenue ! les autres aussi je voudrais qu’ils taisent, là-haut... Cul-de-jatte et Mimi !... ou qu’ils descendent !... ils chantent de plus en plus fort ! tous les deux cramponnés à l’aile !... 

« Cremoïlle est satyre, certainement !... et le Jules alors !... je vous demande pardon !... cul-de-jatte-la-gondole !... du bouc enragé ! non ?... 

« le Lutry, son télescope, sa famille, son observatoire, comment tout ça s’est envolé ?... tout ça ?... tout ça ?... à la queue leu leu dans les nuages !... par le trou du Ciel !... en même temps que la canne du cul-de-jatte !... 

lundi 19 janvier 2026

Le GRIF (Groupe pour la réhabilitation immédiate de Féerie pour une autre fois) présente : Louis, “etcétera”

Le GRIF (Groupe pour la réhabilitation immédiate 
de Féerie pour une autr
e fois) présente : 
Louis, “etcétera” 
De quelques Louis et Louise… Mention spéciale pour Louis XV !


« Les épreuves m'ont cassé, j'avoue... tenez, je reviens à ma mère... je peux pas me faire à cette tristesse... elle est enterrée Père-Lachaise, allée 14, division 20... Je voudrais bien un « laissez-passer »... juste le temps d'aller voir la dalle... 
Tout est survenu d'une façon... elle a jamais su ce que j'étais devenu... je lui porterais un pot de marguerites... c'était sa fleur la marguerite... Marguerite Louise Céline Guillou... Elle est morte de chagrin de moi et d'épuisement d'effort du cœur... des palpitations, d'inquiétudes... de tout ce qu'« on » disait... pensez les gens de l'avenue de Clichy !... les bancs... l'opinion publique !... 
« que ça serait la fête la plus ample, la plus victorieuse, flamboyeuse, qu'on aura vue ! et défilés, et carmagnoles, de la Concorde à Notre- Dame, depuis le couronnement de Louis XVI !
« Ils vendent du vent, des fantômes... Je leur enverrais mon Hortensia, ils le solderaient Louis XV !... 
« Elle a trouvé qu'un fond de grenier... Bébert tousse, elle tousse... elle attend le mardi, la visite... elle vient me voir avec Bébert... sept minutes... Bébert dans un sac... Ah faut pas qu'il remue !... l'immobilité complète... le garde mate... et puis faut pas qu'on se parle français Arlette et moi !... anglais seulement !... défendu le français !... Anglais nous ?... Elle née Française Française Française rue Saint-Louis-en-l'Île !... moi Rampe du Pont, 11, Courbevoie !... Bébert à la Samaritaine !... nous forcer parler anglais !... moi l'horreur des langues étrangères !... biaiseuses baragouineries infirmes !... C'est de l'humiliation capitale ! Nous natifs de Seine comme personne !... 
Je veux pas laisser la Butte telle quelle !... J'ai des souvenirs, des obligeances... je descends du train à Montparnasse je traverse tout Paris en vélo... la sensation !... la rue de Rennes... la Samaritaine... un crochet par Saint-Louis en l'Île... je remonte la rue de Rivoli... une minute au Palais-Royal... j'ai le banc des songes, là, devant le canon... Oh, je me méfie qu'on me reconnaisse... Voltige ! en selle !... Rue de Rome !... un trait !... Rue de Rome ! le pont de l'Europe !... le vieillard ailé !... le revenant !... le pont Caulaincourt !... 
« – Marie-Louise ! 
Ah ! que je fais : toi ! on s'embrasse... je l'embrasse... J'aurais voulu que vous l'entendiez ! ça venait du cœur... tout de suite au but ! comme pressée de ce qu'elle voulait me dire... elle était au courant un peu... enfin le principal. 
– Ah, tu serais resté avec nous !...
Elle évoquait Londres fin 17...
– Tu vois Louis... tu vois !...
Les reproches... et les larmes... mon nom intime : Louis. – Janine serait pas morte ! 
Janine sa sœur... c'était pas d'hier nos adieux... Je les avais quittées Leicester Square... abandonnées sa sœur et elle... Je vois encore l'arbre, le banc, les fleurs... les piafs... les myosotis, les géraniums... c'est en plein Londres vous connaissez ?... en détresse là, orphelines d'homme... Je suis pas artiste mais j'ai la mémoire des fleurs... 
« Puisque je réfléchis là... mémore... ils m'ont secoué ma médaille... trois mots magiques ! « plus de médaille ! » ils m'auraient soufflé pareil sur les blessures de ma tête je déconnerais plus l'heure actuelle... je verrais plus personne plein mes murs... ni l'autre émerger, l'Hortensia, m'offrir ses troufigneries Louis XV ! 
« – Je suis Louis XV ! Je suis Louis XV maraud ! 
Comme ça qu'il m'apostrophe d'en l'air !
– Viens m'embrasser ! Viens m'embrasser !
Grasse et rauque sa voix ! commune, je dirais ! pour Louis XV n'est-ce pas !... pour Louis XV!...
– Je suis la France ! Je suis les Colonies !
Si j'avais pas l'Hortensia je dirais que tout le monde m'abandonne... Y a le gardien un peu aussi... Il me fait signe qu'il va me fusiller, mais il me le fait dix fois par jour !... un tic con...
«les mains en mômes derrière le dos au ras de ma porte juste... tous les loquets clinquent... clinquent... un coup ! deux !... les portes et d'autres... toujours d'autres !... comme s'ils dansaient que vous verriez pas ! un coup de sifflet les accélère !... un ballet de passants... de mômes... plam... plam ! Oh, je vais pas omettre Hortensia ! mon ecto lubrique, l'Assesseur de l'Ambassade, Louis XV ! il me provoque au deuxième barreau... de mon soupirail personnel : 
– J'ai des hauts talons, fripon ! j'ai des hauts talons ! Il m'interpelle ! je peux pas tout vous répéter...
– Aime Louis XV ! qu'il me somme, aime Louis XV ! 
– Pas Louis XV ! scélérat ! tu mens ! 
Je me regimbe.
– Vampire ! purin ! bluffeur ! cochon !
Mes termes !
J'ai beau être si bas que je me trouve, qui qui diffame à faire à moi ! J'admets Louis XVlibidineux mais telle vulgarité ? Jamais !
Il voit qu'il gaffe.
– Prends Louis XVI alors ! prends Louis XVI ! prends Henri IV !
Absolument que j'... un roi ! il me propose Louis le Gros !... Charles X !... il se passe une fraise autour du cou.
– Henri III !
Il fait ce qu'il veut comme ectoplasme... il se pique une barbiche au menton... il se l'arrache...
– Dagobert alors ? Dagobert ?
Il se coiffe d'une petite couronne.
– Je veux bourrer personne, saloperie !... Va-t'en ! Satan !
Voilà comme je me montre ! mon moral d'abord ! mon honneur ! au plus que pire de la détresse !... 
J'admets qu'il soit ectoplasme... qu'il ait des droits au soupirail... alors ?... les façons ?
Il serait saint Louis ça changerait rien ! Saint Louis qu'a dit : « Enfoncez-leur ! etcétera ! » Impeccable, ma nature ! c'est tout ! vierge ainsi dire... Il m'arrive larmoyant le lendemain... à l'aube...
– Tu veux pas te livrer à la France ? tu veux pas ?
Il m'attaque au patriotisme, en mon faible sacré que j'en crève... Il a entendu parler, monstre !... mon folklorisme !... dans les larmes il me parle de Bezons !... Il chiale, il chiale !... c'est terrible le nègre en sanglots... vous diriez animal qu'on bat... il est Louis XV, nègre, ectoplasme... 
« Je connais toutes les provocations !
Je connais Louis XV du soupirail qui m'invite à le caresser... Je le caresserai pas ! 
– Beau prisonnier je t'adore !
Il me convoite, il m'yeute !
– Assesseur lubrique imposteur cochon noir laisse-moi !
« – Je secoue personne ! T'es comme Louis XVl'Assesseur nègre ! érotique envers contre tout ! 
« Tenez moi là, tel, évaseux, confus, cul collé je me suiciderais de remords de rien !... et l'autre en plus au soupirail, Hortensia ! qui m'insulte au nom de Louis XIV !... c'est pas des situations tenables !... Quand ils assassinent au « 11-12 » je me sens presque soulagé... 
«L'Hortensia m'émerge...
– Vous-en ! rastaquouère ! je lui crie... Épileptique ! Hystérique ! Assesseur mon cul !
Le genre d'injures que je lui décoche !
– Vichyssois ! Nigéria ! Cigare ! Bougnat ! Allez vous faire luire ! Caraïbe ! daufeur !... mal élevé ! Jazz-band !
Voilà l'effet des vitamines ! Je l'interloque... tout ecto qu'il est ! plasme ! Ah, Louis XIV et patati ! Ah les apparitions ! je les traite !
– Article 75 ! je l'insulte.
Ça c'est final !
« C'est pire ! C'est pire ! des heures qu'il m'a fait perdre, crâneux !... et l'Hortensia aussi, sa tête ! libertin nègre Louis XV roi de France qu'il me propose tout du soupirail... je l'étranglerais qu'est-ce qu'il dirait ?... 
« et elle chantait pour tout Paris ! Louise avec des couacs ! et quels couacs !... 
« le tonnerre de Dieu ! y a que le Jules qu'est plus fort que tout !... Tiens ! ma commode Louis XV qui passe... ah, une pièce massive !... elle saute les marches sur trois pattes... gaudriole !... agile, la garce, poulope la descente ! positif ! de brang ! en broum ! à toucher qu'elle m'a éraflé !... elle me serait arrivée en plein, elle me broyait ! Ah, valse ! polke ! folichonne ! 
« j'agrippe le Jules dans sa caisse ! Ah collé ! collé ! j'attire tout ! je l'attire ! je l'arrache ! je veux l'arracher ! 
– Attention, Louis ! Attention !
Voilà tout de suite Arlette sa remarque ! Jules d'abord ! Jules !
« – Mes seringues, Lili ?... t'as pas vu mes seringues ? 
Je pense à Delphine...
– Je sais pas Louis !... comment veux-tu ?... – Où t'étais au moment des bombes !
– Au « 7e » !... puis on est montés...
– Encore plus haut ?
– Oui !
– Par les petites fenêtres ?
– Oui !
– Jusqu'où vous avez été ?
– Jusqu'à la rue Simon Léandre...
– Par les toits ?... t'as vu les Lutry partir ? – Oui, hier soir !
– Avec leur coupole ?
– Oui, Louis ! 
Elle me répondra « oui » à tout !... je la pilerais !... 
« – Mais au fait dis ? il t'a modelée ?
– Oui, Louis !... Oui, Louis !... tu te fatigues !
Toujours elle me répond que je me fatigue !...
– Où vous avez été ?
– Chez Prune !
Prune, c'est rue Hortense prolongée... là c'est le grand bagout des artistes, là si ça débloque ! blablate plein !
« – J'espère qu'il va brûler ton ours ! ton demi-ours ! vous étiez d'accord ? dis-le ! dis-le !
– Mais non, voyons, Louis ! mais non !
– Qu'il flambe ton Gugusse ! ton modeleur ! que je le voie moi vernir au feu ! il est placé ! il est en pot ! Vrromb ! vrromb !...
Vous allez me trouver monotone... je vous imite le bacchanal... que puis-je ? c'est ainsi, c'est tout !... vingt 
escadres nous survolent, furieuses...
« Comme ça lui qu'il appelait Lili... de son atelier... de son rez-de-chaussée... « Au jus ! »
La monnaie de sa pièce !
– Voyons, Louis... voyons Louis !...
Elle veut pas que je l'interpelle durement... elle le défend ! dans mes bras, là... ah, salope ! ah salope, alors ! – Tu l'aimes ! dis-le ! tu l'adores ! t'y tiens, ce chiotte ! 
« Je la corrigerais !...
– Jules, le café ! Va le chercher garce !
– Les lumières, Louis ! Regarde les lumières !
La diversion avec les femmes ! Vous savez plus ! avancez plus ! vous existez plus... – Quoi ? quoi ? lumières ? 
« – Ta tête ?...
– Oh, comme d'habitude !...
J'avais toujours mal à la tête... elle savait... si je lui avais parlé de mes côtes !... comment le Normance 
m'avait botté !... défoncé... vrai dire !... je me taisais... – Tu saignes, Louis !
Elle s'aperçoit...
– Je me suis cogné ! 
Elle s'est blessée, elle, à la cuisse, un éclat de verre, une estafilade, elle me montre... je voudrais un peu l'examiner... je peux pas... je recommence à raconter tout... ils hurlent moins d'en bas... 
« – Trisse, Lili ! viens !
– Mais Piram Louis ? Mais Piram ? Et Bébert ?
Si on est refoulés au métro à cause de Piram et Bébert ?... Il est là Piram, il me pleure dans la main... sa 
grosse tête en plein dans ma main... il pleure... il tremble pas mais il se rend compte... si on part nous deux Lili, Mme Toiselle le chassera ! elle aime pas Piram... à cause d'un coup, une fois jeune, il y a pissé sur son tapis... où qu'il ira, chassé, Piram ?... brûler ? brûler dehors ?... il peut plus traverser l'avenue... personne peut... c'est un torrent de toutes les couleurs, phosphores, magnésiums et qui charrie de tout, armoires, baignoires, pianos, lits-cages... voilà ! bonne mine !