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mardi 2 juin 2026

Introduction à Lettres des années noires de Céline par Philippe Alméras, Berg International, 1994

Introduction à Lettres des années noires de Céline 

par Philippe Alméras (Berg International, 1994)


Céline était un épistolier inlassable. Jeune, c’est par la lettre qu’il s’est entraîné à l expression. Il écrit aux parents, il écrit aux amies, notamment ses impressions d’Afrique à Simone Saintu par lesquelles s’ébauche une technique de conversion du quotidien sinon un style. Avant que le Voyage paraisse, les lettres à Joseph Garcin enregistrent le nouveau ton, le nouveau style. 



A partir de 1937, de
Bagatelles où il s’exprime à découvert, la lettre devient un moyen d’action. Courte, impérieuse, souvent didactique, c’est le message d’un partisan, d’un maître à penser et elle s’intègre au combat en cours. Ensuite, après l’émigration et le refuge au Danemark, elle devient une défense ou un exutoire. 

Mises bout à bout, toutes ces missives racontent une histoire et elles constituent un guide pour la connaissance de l’homme, préférable à tous les témoignages des proches et des moins proches. Si chaque lettre se modèle sur le destinataire et son rôle dans l’aventure du moment, aucune ne manipule l’événement comme le feront les justifications et les fictions. Il y a des lettres pour séduire, d’autres pour expliquer, d’autres pour se cacher, mais saisies par la myopie du présent aucune ne dissimule autant que les post scripta, les « écrits après » dont Céline a fait la description goguenarde dans sa lettre à La Gerbe de 1941. Quand on veut faire la biographie de Céline, c’est à la correspondance qu’on se fie.


Et c’est de la correspondance que viendront désormais les découvertes qui restent à faire dans la connaissance de Céline. On va publier les lettres envoyées de la prison de Copenhague, sous le couvert de l’avocat Mikkelsen, ou la correspondance de travail adressée à « Mademoiselle Marie », (Marie Canavaggia qui remplace Jeanne Carayon dans la mise au point, « l’édition », au sens anglais, des manuscrits). On a aussi les lettres adressées en Argentine à Robert Le Vigan. Céline arrive à convaincre ce démuni de sa misère profonde, la hantise de la nouille et du carbi à laquelle il serait voué dans la bicoque « louée » . C’est lorsque, inversant la plaisanterie, il adressera à Le Vigan « riche estancero » les copains nécessiteux à prendre en charge qu’interviendra la rupture entre eux.

Ensuite, sans doute, réapparaitront les lettres à George Montandon, l’ethnologue suisse, expert en Russie soviétique et en racisme avec lequel Céline entretient des relations étroites. Ayant échappé à la visite domiciliaire de l’été quarante-quatre, absentes du dossier détenu par le CIDJ, il faut supposer qu’elles ont été emportées en Allemagne par Montandon et conservées par ses filles, réputées « communistes ».

Les correspondances que l’on donne ici s’échelonnent de 1938 à 1947, soit les années cruciales de l’engagement célinien, les années noires. Elles apportent des informations exclusives sur des éléments biographiques que l’on comparera utilement à la transposition à venir (passage d’un château à l’autre, du château Sherz à celui de Sigmaringen) ce qui fournira dutiles indications sur le processus de création. Elles renseignent aussi sur la situation et l’état d’esprit des émigrés de l’après-débarquement dans leurs pérégrinations allemandes ou danoises: Baden Baden, Neu Ruppin, Sigmaringen, Copenhague, les hauts et les bas dun homme qui joue ou écrit sa vie sur plusieurs registres. D’autant que les entretiens avec Paul Bonny, un autre Suisse avec lequel les Destouches renouent au Brenners Park Hotel de Baden, jettent une lumière curieuse sur la vie quotidienne du couple à Sigmaringen. La neutralité du ton cache le point de vue particulier à celui qui travaillait pour la «Botschaft» et rapporte intacts des antipodes les impressions gardées de la principauté dopérette dans laquelle les Allemands avaient concentré méthodiquement leurs Français, hôtes volontaires ou involontaires, tous pris dans la nasse de l’organisation allemande.


Pour la période danoise, celle qui précède l’internement à la « Vestre Faengsel », les renseignements apportés par ces correspondances sont presque uniques. Ayant eu accès au Danemark avec un passeport allemand et grâce à un visa d’entrée accordé par le Dr Best (l’équivalent d’Abetz au Danemark mais qui gouverne directement le Royaume), Céline est coupé de presque tous ses correspondants français. Il a réussi la transition de la libération danoise. Il s’agit de gagner du temps jusqu’à l’apaisement des esprits et de se faire oublier. Il vit dans l’appartement de Karen Marie Jensen, sur le stock d or quil a transporté avant la guerre et qu’il lui a confié. Il écrit aux amis suisses, à Karen en Espagne, à Marie Canavaggia à Paris, à dautres, peut-être. Sa présence au Danemark devient un secret de polichinelle. Un écho de Samedi Soir repris par Politiken le « loge » à Copenhague et le chargé d’affaires français se voit forcé dintervenir. Il déclenche le processus de la demande d’extradition, au titre de l’article 75 réprimant la trahison. C’est un cas unique, comme d’ailleurs la présence de ce Français et il n’aboutira pas, faute de précédent ou de monnaie d’échange. C’est la prison, douce ou dure, l’infirmerie plus que la cellule, mais une horreur de l’enfermement telle qu ’elle va retarder jusqu’en 1951 la solution du retour. Parti le premier, il rentrera le dernier.

Entre temps, il a, par une activité épistolière tous azimuts, transformé le cas Céline en une farce aux multiples protagonistes dont il ressort comme une marionnette brisée. Rapportées de Suisse, les lettres à Henri Poulain secrétaire de rédaction de Je suis partout jusqu’à la démission de Brasillach, nous rappellent quavait préexisté un homme qui avait joué sa vie et sa notoriété sur quelques diagnostics en forme de prophéties : on allait à la guerre et elle serait perdue. Tout était la faute des Juifs, pris comme symboles de tous les maux du temps: mauvais goût, vulgarité, matérialisme. Cette note-là dans le grand déballage des Bagatelles n’avait pas échappé à l’équipe de Je suis partout. Brasillach fait parvenir des offres de collaboration, Céline les repousse. Il n’a sans doute pas oublié les dédains et les dégoûts du critique littéraire envers lui. Quand il veut intervenir dans la vie publique, il le fait par des lettres ouvertes adressées à des correspondants nommément désignés (pour Je suis partout ce seront Lesca ou Poulain). Il y en aura trente et une et onze interviews. Elles sont destinées à divers organes de diverses obédiences sauf celle de Déat, personnellement exécré comme Brasillach. Parmi les lettres à Je suis partout, deux ont été refusées. A l’unanimité de la rédaction et pour cause de délire raciste, disait Lucien Rebatet, dans LHerne. Il les datait de 1943 et on modifiait ainsi les motivations et le contexte. On les donne ici dans leur intégralité et dans leur chronologie exacte. 



Quand Céline propose de couper la France en deux et de former un Sud «suralgérique» et un Nord il serait peut-être possible de reconstruire quelque chose autour de Paris, il ne s’agit pas de rétablir la ligne de démarcation « pour empécher les Narbonnoïdes dégénérés de remonter vers le Nord ». La lettre est du 15 juin 1942. Lordonnance allemande sur le port de l ’étoile jaune vient d’être prise. Céline est en vacances, il a préparé à Paris cette lettre apparemment primesautière. Il s agit de dépasser une mesure qui choque même les « partisans de l’ordre nouveau », en la replaçant dans son contexte : cinquante mille étoiles jaunes ne sont rien dans un pays dont le Sud est profondément « sémitisé ». Il s est renseigné sur les conversions exigées par saint Louis. Le racisme est biologique ou il n’est pas et les gènes du Sud sont tous affectés. La preuve, c est que le régime détesté de la zone « libre » fait saisir à Toulouse les Beaux draps de Céline.

Par cette lettre comme dans d’autres, on saisit sur le vif le double processus de la lettre ouverte ; sous un habillage rigolo, grotesque (quand on les a lues on n’oublie plus les variations sur les narbonnoïdes et les hyspaniotes) un objectif sérieux : dépasser par l excès la mesure inhumaine et faire un pas de plus vers l’ objectif poursuivi, la régénération des pedigrees autour des derniers nordiques français, un Louis Destouches, un Pierre Drieu La Rochelle, ces grands gars blonds aux yeux bleus.

Philippe Alméras

vendredi 31 décembre 2021

Correspondance de Max Jacob à Jacques Mourlet… quelques allusions à Céline

Correspondance  (1939 à 1944) de Max Jacob à Jacques Mourlet 
dans laquelle il est un peu question de Céline…

C’est par le truchement de sa mère Mathurine, que Jacques Mourlet (1916-1971) entre en correspondance avec Max Jacob. Mathurine a, semble-t-il, souhaité cette rencontre afin que son fils « soigne son langage et son style » : l’initiative a réussi et les deux hommes vont effectivement échanger une correspondance très chaleureuse de 1939 à 1944. Lorsque le poète fait sa connaissance, Jacques a 23 ans ; on est à la veille de la guerre. Jacques va être incorporé dans l’armée de l’Air ; il est stationné à Tours, d’où l’appellation fréquente de « l’aviateur de Tours » qu’on trouve sous la plume de Jacob. L’épistolier n’a pas été indifférent à ce service militaire ; dès la première lettre à Jacques, il explique sa sympathie pour ceux qui choisissent la vie militaire en raison de la discipline que cette vie exige : « Quant à la question de la caserne... c’est une école ! On apprend l’humanité à la caserne. » Cette première lettre adressée par un Jacob vieillissant de 63 ans à Mourlet témoigne d’une immense sympathie ; dès le départ, Jacques est déjà « mon ami » : « Monsieur, cher monsieur, monsieur mon ami, cher ami, mon cher Jacques Mourlet... cher Jacques en somme – » (lettre 1). Jacques Mourlet était sans doute déjà destiné à devenir un de ces amis privilégiés de Jacob qu’il mettait dans une catégorie à part, un ami en quelque sorte élu, au statut particulier. Jacques est un jeune homme à « former » et Max Jacob aime à former des caractères ; Jacques est de Bretagne et surtout quimpérois. Partant, l’amitié est immédiate et Jacob «adopte» le jeune homme. 

Magdeleine Mourlet rendra visite à Céline (parrain de son fils Volny)
à Korsør (Danemark) en septembre 1949.

St-Benoît le 16 mai [19]40 [marge g., vo] 
J’ai une lettre de Céline où il est dit : « Vous ne connaissez pas l’ennui d’avoir à contrefaire sa voix toute sa vie à cause du public ! » En effet je ne connais pas cet ennui.

Été 1942 : Louis-Ferdinand Céline mimant la folie entre Lucette et son hôte, le docteur Paul Mondain, dans le jardin de l'asile d'aliénés dirigé par ce médecin-peintre. C'est Jacques Mourlet qui avait demandé à Mondain d'accueillir l'écrivain et sa femme, empêchés de se rendre à Saint-Malo par l'occupant.

le 6 mai [19]41 St-Benoît
Ne donne pas d’importance aux conseils de MM. les littérateurs. Toi qui aimes la poésie et la peinture, tu as bien assez de merveilleux dans ta vie. Le conseil de Céline va à ceux qui ne pensent qu’à leurs sous *. MM. les littérateurs font de la «copie» à tant la ligne. On ferait mieux de nous conseiller l’honneur, le deuil actuel, l’héroïsme, le culte du devoir, l’éclosion des sentiments humains... et la méfiance des agences matrimoniales. […]
Dieu a l’œil sur toi et te prépare un avenir que ni toi ni moi ne soupçonnons. Pas de coup de tête surtout, à la recherche du merveilleux célinien stupide : jouis de ce que tu as et qui n’est pas mince.
* « Le conseil de Céline » concerne probablement l’idée que les auteurs doivent produire en vue de leur lectorat : c’est l’idée qui sous-tend l’anecdote que Jacob répète souvent à propos de Céline, et qu’il raconte à Mourlet dans les lettres 41 et 67. Jacob n’a manifestement guère confiance en Céline, dont Mourlet devient un proche (Céline sera le parrain de son fils Volny). Cf. le catalogue de Paul Mondain en ligne, https://www.paul-mondain.com.
Paul Mondain (1905-1981), peintre vivant à Quimper et psychiatre, directeur de l’Hôpital psychiatrique de Gourmelen de 1937 à 1950, lié à Céline. Il connaissait Jacob et Mourlet, mais aussi Jean Moulin et le Dr Tuset.

Jacob, Max : Cavalier, cavalières Dessin signé et daté 41
avec envoi à mon ami Mourlet

le 23 juin [19]41
Cher ami.
Je ne sais pas pourquoi exactement, mais il me semble que tu es en progrès. Oui ! Corbière, quand il parle de la mer et de la Bretagne, c’est très bien. Je trouve aussi que Loti parlant de la Bretagne de 1880 a été bien inspiré. Je ne doute pas que Céline soit un homme très sérieux, mais dans l’une de ses lettres, il me dit «Comme il est pénible de ne rien écrire qu’en vue du public ! » ou une phrase telle. Cette phrase le condamne à mon sens. Tu peux lui parler de moi - Je m’en fous...

le 12 janvier [19]44 St-Benoît-s/Loire. Loiret
bien cher ami Jacques
Te dire la joie de ta lettre ! et surtout que tu rappelles notre correspondance, celle de l’aviateur de Tours et du vieux bonhomme aux messes !
J’avais bien envie de t’écrire mais je craignais beaucoup de choses. Ta mère m’avait parlé de tes opinions céliniennes *et je ne voulais pas m’imposer au nom de l’amitié : j’attendais l’autorisation : tu me la donnes et me voici. Me voici avec les sentiments aussi vifs et mes deux mains tendues.

Entre le 30 décembre 1942 et le 12 janvier 1944, la correspondance connaît une éclipse. Ce silence semble avoir résulté d’une rumeur venant de la mère de Jacques *. De toute évidence, Jacob craignait que Jacques ait des opinions antisémites et cette rumeur, apparemment sans fondement, l’aurait mené à cesser d’écrire pendant l’année 1943. Des « opinions céliniennes » : Jacob semble imaginer que l’association de Mourlet avec Céline implique ces idées antisémites. Il n’y a pas d’indication que Mourlet adhérait à de telles idées.

mardi 8 janvier 2019

Deux lettres ouvertes à Louis-Ferdinand Céline par Léon Paquot-Pierret Léon (1939-1941

Lettres à l’antisémite impénitent

Ces deux lettres ouvertes — intitulées à Louis-Ferdinand Céline antisémite impénitent (sur L'École des cadavres) datée de 1939 et à Louis-Ferdinand Céline sur Les Beaux draps datée de juin 1941 —, ont été publiée par La Lanterne (Liège) en 1946 dans le recueil La Verge et la palme Critique épistolaire (2e série) écrite par Léon Paquot-Pierret. *

* Écrivain belge (Flèches au coeur en 1934, L'Athlète désespéré en 1935, Le Bonheur des Autres en 1938) et critique spécialiste de Corneille et La Bruyère.


Ce sont deux textes un peu lourdingues dont le seul but est de condamner l'antisémitisme de Céline, non pas sur le fond — Certains passages, à l'aune de la bien-pensance dominante feraient classer l'auteur dans le camp des ignominieux—, mais sur son caractère excessif !
Par ses remarques "anecdotiques", ce Léon semble n’avoir absolument rien compris à Céline… tout est dans cette phrase, chipée à la lettre sur L’École des cadavres : «Il faudra bien convenir désormais que vous avez la mémoire diablement obsédé par l' "… exécrable Juif, l'opprobre des humains," proféré par Aman, dans sa douleur délirante, à l'acte III de l’Esther de Racine.»


Quant à la critique littéraire dont on aurait pu attendre plus de la part de ce grand spécialiste des "classiques", elle se résume à des remarques sur la grossièreté dans le texte célinien… Et il doit s’en référer aux aveux même du Maître pour gagner un peu en consistance : «Je pourrais, confessez-vous, devenir aussi, moi, un styliste véritable, un académique pertinent. C'est une affaire de travail, une application de mois… peut-être d'années… On arrive à tout… Mais je suis quand même trop vieux, trop avancé, trop salope sur la route maudite du raffinement spontané… après une dure carrière de "dur dans les durs", pour rebrousser maintenant chemin et puis venir me présenter à l'agrégation des dentelles!… Impossible!…»

à Louis-Ferdinand Céline antisémite impénitent 
(sur L'École des cadavres) lettre ouverte datée de 1939 





à Louis-Ferdinand Céline sur Les Beaux draps 
lettre ouverte datée de juin 1941





samedi 22 décembre 2018

Mai 1991 Quand Art Press présentait des lettres alors inédites de Céline à Elizabeth Graig

Céline aurait écrit des centaines de lettres 
à Elizabeth Graig qui les aurait toutes brûlées sauf cinq retrouvées dans un coffret à bijoux… Ce sont celles qu’Art Press n°158 de mai 1991 présentait.


Quelle ne fut pas notre surprise que de découvrir dans une revue consacrée à l’art contemporain des inédits de Céline, lettres adressées à Elizabeth Graig. 
Certaines mauvaises langues pourraient faire remarquer que, dans le même temps, le mari de la taulière, Jacques Henric*, a écrit un essai sur Céline publié aux éditions Marval (1991) : « Au XXe siècle, un individu singulier, tôt plongé (gigantesques équarrissages de 14-18) dans la monstruosité de l'histoire, aura porté à son comble le mouvement inscrit au cœur de l'écriture, laissant beaucoup de plumes de citoyen et d'homme dans la fosse à fumier de l'infamie, gagnant dans un autre espace, un espace à la fois proche, contigu et pourtant situé sur un plan décalé, une renommée et une gloire qui grandissent chaque jour : Louis-Ferdinand Céline. »De 1960 à 1968 il écrit dans la presse communiste, notamment dans l’hebdomadaire culturel né de la Résistance, Les Lettres françaises, que dirige alors Aragon. Jacques Henric appartient depuis 1972 au comité de direction de la revue Art press que dirige sa femme Catherine Millet.

Voici le dossier tel qu'il se présentait dans la revue… avec une introduction de Philippe Muray et le contexte — raconté par Alphonse Juilland —, de la découverte de la boîte à bijoux où se trouvaient ces cinq lettres, les seules qu'Elizabeth Graig n'aurait pas brûlées. 







dimanche 12 mars 2017

André Billy, Céline et la grossièreté



11 octobre 1947 lettre à André Billy



«Mais non, satané damné vieux con, ce n'est pas de grossièretés qu'il s'agit, mais de transposition du langage parlé en écrit !
Vous dire merde, ce n'est rien… Vous botter le cul pas grand-chose… mais faire passer tout ceci en écrit, voilà l'astuce… l'impressionnisme ! 
Ah ! que vous êtes loin du problème. Allez, signez des listes noires ! des proscriptions, mouchardez ! fliquez ! bourriquez ! Vous n'êtes bon qu'à ça !»
L.-F. Céline