samedi 27 octobre 2018

Les ténèbres (Die Finsternis), film documentaire allemand de Thomas Tielsch (2004)

Les ténèbres (Die Finsternis)
film documentaire allemand de Thomas Tielsch (2004)
Sur Youtube



En septembre 1944, un étrange convoi part du sud de la France vers l'Est. Avec ses camions chargés de dossiers, ses voitures remplies de ministres et une milice de 500 hommes, c'est tout le gouvernement français de Vichy dirigé par le maréchal Pétain qui est évacué vers le Reich allemand. Sa destination : Sigmaringen. Le château des Hohenzollern devient le siège du gouvernement français. Un État sans territoire, flanqué des ambassades allemande, japonaise et italienne, peuplé de plus d'un millier de collaborateurs de premier plan et de leurs familles. Mais tandis que le château est régi par un gouvernement d'opérette, les quartiers surpeuplés de la ville sont dominés par un enfer de maladie, de froid, de faim et d'attaques à basse altitude. À la gare, les blessés sont déchargés la nuit des trains vers l'hôpital. 
Les collaborateurs français restent dans ce lieu sombre jusqu'en avril 1945. Parmi eux se trouve le médecin et écrivain Louis-Ferdinand Céline, qui a acquis une renommée mondiale en 1932 avec son premier roman Voyage au bout de la nuit et s’est ensuite compromis avec des pamphlets antisémites. Il a décrit l'époque de Sigmaringen dans son livre D'un château l'autre". Mais «Céline n'est pas la réalité, mais l'hallucination qui les cause», écrit André Gide à propos du roman.
Le film "Les ténèbres" de Thomas Tielsch utilise du matériel documentaire et est basé sur le roman de Louis Ferdinand Céline.

Im September 1944 macht sich ein seltsamer Tross auf den Weg von Südfrankreich in Richtung Osten: Mit Lkws voller Akten, Autos voller Minister und 500 Mann Miliz wird die komplette französische Vichy-Regierung unter Marschall Pétain in das Deutsche Reich evakuiert. Ihr Ziel ist Sigmaringen. Das dortige Stammschloss der Hohenzollern wird zum eigenartigen französischen Regierungssitz der Kollaborateure. Ein Staat ohne Territorium, flankiert von deutschen, japanischen und italienischen Botschaften, bevölkert von über tausend prominenten Kollaborateuren und deren Familien. Doch während im Schloss eine Operettenregierung waltet, herrscht in den überfüllten Quartieren der Kleinstadt ein Inferno aus Krankheit, Kälte, Hunger und Tieffliegerangriffen. Am Bahnhof werden nachts schwer Verwundete aus den Lazarettzügen abgeladen.
Die französischen Kollaborateure bleiben bis zum April 1945 an diesem finsteren Ort. Unter ihnen ist der Arzt und Schriftsteller Louis-Ferdinand Céline, der 1932 mit seinem ersten Roman "Reise ans Ende der Nacht" Weltruhm erlangt hat und sich später mit antisemitischen Pamphleten kompromittierte. Er hat die Zeit in Sigmaringen in seinem Buch "Von einem Schloss zum andern" beschrieben. Doch "Céline bildet nicht die Wirklichkeit ab, sondern die Halluzination, die sie hervorruft", schreibt André Gide über den Roman.
Die Verfilmung "Die Finsternis" verwendet dokumentarisches Material und basiert auf Louis Ferdinand Célines Roman "Von einem Schloss zum andern".

mercredi 17 octobre 2018

A half-century of Céline 1932-1982 by Stanford L. Luce and William K. Buckley

A half-century of Céline 
An annoted bibliography 1932-1982 
by Stanford L. Luce and William K. Buckley

Cette bibliographie annotée couvre un demi-siècle de publications de, et autour de Céline, de la parution de Voyage au bout de la nuit (1932) à 1982. Publiée en 1983 par Garland Publishing New York & London.


Ce travail, dans sa partie française, doit beaucoup à Jean-Pierre Dauphin et à sa bibliographie critique Calepins de bibliographie Céline I (1914-1944) parue chez Minard en 1977, reconnaissent les auteurs qui remercient aussi beaucoup Marc Laudelout et son Bulletin célinien qui leur a donné accès à tous ceux qui ont ouvert leurs archives quand ils sont venus en France. 






Pour nous, cette bibliographie vaut surtout par les annotations, généralement deux ou trois lignes, qui accompagnent chacune des 2067 entrées. 
Les illustrations sont bien choisies mais la curiosité est l'utilisation des dessins d'après photos réalisé par Henri Albert, auteur d'un Dictionnaire des rues de Meudon (illustré et édité par l'auteur en 1975), présenté dans les remerciements comme «mayor of Meudon when Céline return from exile» alors qu'il ne figure pas dans la liste des maires de Meudon ! A moins que ce ne soit un pseudonyme !


lundi 24 septembre 2018

La critique anglo-saxonne par Leslie Davis (1988)

La critique anglo-saxonne 
par Leslie Davis 
(La Revue des Lettres Modernes 1988) 
Reprise dans Le Petit célinien du samedi 29 décembre 2012

La mort de Céline, le 1er juillet 1961, passa presque inaperçue dans la presse anglo-saxonne. Par une ironie étrange, l'auteur énigmatique et controversé qui, de son vivant, avait pris un plaisir si malicieux à brouiller les pistes pour les journalistes et les chercheurs, se trouve à son tour l'objet on eût dit d'une conspiration, ou bien du silence, ou bien de commentaires erronés et de parti pris. 

Sur les cinq notices nécrologiques que nous avons relevées, celle du New York Times (1) parle de la mort de Louis-Henri Destouches et s'accompagne d'une photographie qui n'est pas de Céline, celle du Times de Londres (2) se trompe aussi de prénom, et Newsweek (3) cite son premier mariage... avec une prostituée américaine. 
De telles erreurs, tout en témoignant d'une ineptie professionnelle, suggèrent à quel degré Céline était tombé dans l'oubli dans le monde anglophone en 1961. Même dans les prestigieux ouvrages de référence, tels Britannica Book of the Year (4) et New International Year Books (5), l'on fait allusion à Céline en quelques lignes à la fois brèves et pleines de fautes. Depuis lors, grâce sans doute aux nouvelles traductions des romans, à une série d'études critiques, et à plusieurs travaux universitaires — surtout aux États-Unis, les bévues de ce genre se font de plus en plus rares. Aussi est-il encore plus étonnant de lire un critique américain en 1974 prétendre que Rigodon est le dernier volume d'une trilogie qui commença avec Mort à crédit (6). Sic transit gloria mundi !

L'indignation morale vers son apogée hystérique
Avant d'aborder le domaine assez spécialisé des études consacrées entièrement à Céline et à son œuvre, nous nous permettons de passer en revue l'image de l'auteur dans la presse des vingt-cinq dernières années. Le rôle, soit positif soit négatif, que jouent ces perspectives dans la réhabilitation de Céline auprès du public anglophone nous semble primordial. En général, l'opinion critique s'accommode mal des activités dites collaborationnistes de l'écrivain, de son antisémitisme, de sa misanthropie, et de sa vision pessimiste d'un monde déshumanisé et chaotique. Dans Spectator (7) en 1965, Andrew Sinclair condamne les excès de Céline, affirmant que ses tirages énormes furent responsables d'une attitude pro-nazie qui mena la France à sa défaite en 1940. Il conclut néanmoins que Céline fut un écrivain passionnant qui mérite d'être relu. L'année suivante, Anthony Burgess du Guardian (8) définit Céline en un tournemain comme médecin personnel de Pétain, antisémite, et ami des Nazis, avant de nous conseiller de lire Voyage en tant que correctif. 
L'indignation morale anglaise trouve pourtant son apogée hystérique en 1966 dans New Statesman (9), où V. S. Pritchett combine vitupération et maladresse dans un article intitulé « Down the drain with Monsieur Céline ». 
Aux États-Unis aussi, Céline est l'objet de condamnation morale. En 1968, Georges Steiner parle, dans New Yorker, de l'influence néfaste de l'antisémitisme, du barbarisme politique, et de la bestialité morale de Céline (10). Six ans plus tard, dans le même journal, Naomi Bliven s'interroge sur l'échec moral et la défectuosité esthétique de son oeuvre (11). 

Ce mouvement de révulsion devant les aspects les plus indigestes du cas Céline s'étend jusque dans le domaine universitaire américain, où des critiques de substance, tels Wayne Booth dans The Rhetoric of Fiction en 1961 (12) et A Rhetoric of Irony en 1974 (13), et Henry Peyre dans la réédition de son French Novelists of Today en 1967 (14), s'avouent très peu compromettants (sic) envers Céline.

L'amorce d'un reflux plus objectif

D'autres critiques se montrent plus encourageants, et applaudissent tout effort à réhabiliter cet écrivain inquiétant en tant que grand artiste. 
Pour Guy Merimer dans Books Abroad (15) en 1963, l'étude de Marc Hanrez sur Céline est un travail de pionnier. Cyril Connolly du Sunday Times (16) compte Voyage parmi ses cent livres préférés en 1965, et John Fraser dans New Republic en 1974 (17) loue Rigodon qui marque, à ses yeux, le point culminant de la carrière littéraire de Céline. Mais, de tous les commentaires à paraître dans la presse de cette période, celui d'Annie Gottlieb dans Minneapolis Tribune en 1974, nous semble être parmi les plus perspicaces. Dans un compte rendu de Rigodon, elle observe : « Whatever stance we take towards him, we will run into a disturbing parody of ourselves somewhere in his pages » (18). Cette fascination mêlée d'inquiétude que soulève une lecture de Céline nous semble très bien accordée au désarroi de notre civilisation contemporaine.



Sans aucun doute, les traductions de Ralph Manheim ont joué un rôle considérable dans le nouvel intérêt porté à Céline depuis sa mort. La comparaison des nouvelles versions superlatives de Death on the Installment Plan (1966) et Journey to die End of the Night (1982) proposées par Manheim, et les premières traductions de ces ouvrages par John Marks, est révélatrice à cet égard. Traduisant également dans cette période D'un château l'autre (1968), Nord (1972), et Rigodon (1974), Manheim puise dans les richesses d'un langage démotique contemporain pour rendre la petite musique célinienne plus accessible au lecteur moderne. Traduction est, en effet, un mot bien modeste pour désigner ce que cet interprète génial nous apporte sur chacun de ces romans.

Renouveau des études anglo-saxonnes

Depuis la mort de Céline, il y a eu douze études à son sujet publiées en anglais. Cette filiale de l'industrie Céline a été presque exclusivement dominée par des universitaires américains. Seulement deux ouvrages, ceux de Patrick McCarthy (19) et de Merlin Thomas (20) sont jusqu'ici sortis du Royaume-Uni. Rappelons ici que les études canadiennes sur Céline, celles de Day et de Smith, parurent en langue française. 
Le tout premier essai en anglais sur Céline fut une introduction à l'homme et l'œuvre faite par David Hayman (21). Dans cette étude, le critique révèle ses propres préférences et faiblesses devant le cas Céline. Il est à regretter que l'œuvre de Céline après Voyage et Mort se trouve esquissée en moins de dix pages, et l'on s'étonne devant la suggestion de Hayman que Céline trouva peut-être l'inspiration de ses propos sur Ford dans Voyage dans Les Temps modernes de Chaplin. (Le film parut quatre ans après la publication de Voyage !) 

Ostrovsky voit en Céline le barde de l'apocalypse, et mène une quête des valeurs à travers son oeuvre pour y dénicher son humanisme à rebours.
Une approche plus systématique et une analyse plus détaillée caractérisent la thèse d'Erika Ostrovsky, publiée en 1967 sous le titre de Céline and his Vision (22). Ostrovsky voit en Céline le barde de l'apocalypse, et mène une quête des valeurs à travers son oeuvre pour y dénicher son humanisme à rebours. Passionnée de son sujet, elle manque parfois d'objectivité dans ses analyses. L'on retrouve un narcissisme pareil dans sa biographie de Céline, Voyeur voyant (23) publiée en 1971. Cet ouvrage, fabriqué dans un style qui se veut célinien, est fort bien documenté, mais exaspérant à lire. 

Dans une étude d'où le plaisir du texte n'est pas exclu,
Allen Thiher trace l'évolution du monde hallucinatoire de la folie dans les écrits de Céline.
Tout en soulignant l'unicité de l'œuvre célinienne, Thiher voit dans l'omniprésence du délire l'explication, sinon l'excuse des pamphlets. Sans résoudre l'énigme centrale, il arrive à créer une apologie très éloquente pour l'auteur. 
Par contre, dans une étude d'où le plaisir du texte n'est pas exclu, Allen Thiher trace l'évolution du monde hallucinatoire de la folie dans les écrits de Céline. Dans son excellent Céline : The Novel as Delirium (21), tout en soulignant l'unicité de l'œuvre célinienne, Thiher voit dans l'omniprésence du délire l'explication, sinon l'excuse des pamphlets. Sans résoudre l'énigme centrale, il arrive à créer une apologie très éloquente pour l'auteur. 
Pour Bettina Knapp, l'auteur de Céline : Man of Hate (25), l'acte de création littéraire ne fut pas, pour Céline, le résultat d'un procédé rationnel, mais plutôt le déchaînement des forces destructrices cachées au plus profond de son être. S'appuyant sur des théories jungiennes, Knapp identifie les puissants courants de peur et de haine qui contribuent au caractère obsessionnel de l'œuvre célinienne. Deux autres études sur Céline sont parues aux États-Unis dans les années 1970 : Louis-Ferdinand Céline (26), de David O'Connell est une tentative de synthèse destinée à des non-spécialistes, tandis que The Inner Dream : Céline as Novelist (27) de J. H. Matthews propose une interprétation critique des romans. 

Stanford Luce, auteur de A Glossary of Céline's Fiction,a également traduit et présenté Entretiens avec le professeur Y
La décennie se termine avec la publication d'un important instrument de travail, A Glossary of Céline's Fiction (28) par Stanford Luce. Cet admirable livre illuminera pour bien des lecteurs quelques-uns des mystères du langage célinien. C'est également la première collection en un volume de son vocabulaire non-conventionnel, et servira sans doute de point de départ pour de futures recherches sur la traduction de Céline en anglais.

 McCarthy analyse les écrits de Céline dans leur contexte historique et social. Son étude foisonne de comparaisons littéraires, souvent heureuses, qui illuminent le cas Céline. L'auteur est peut-être trop généreux envers les pamphlets, mais son excellent livre mérite d'être considéré comme la biographie définitive en anglais…
La première étude sur Céline publiée au Royaume-Uni fut la biographie critique de Patrick McCarthy qui parut en 1975 (19). C'est un ouvrage particulièrement rigoureux, objectif et soigné. Observant une stricte neutralité envers son sujet, McCarthy analyse les écrits de Céline dans leur contexte historique et social. Son étude foisonne de comparaisons littéraires, souvent heureuses, qui illuminent le cas Céline. L'auteur est peut-être trop généreux envers les pamphlets, mais son excellent livre mérite d'être considéré comme la biographie définitive en anglais, ou peu s'en faut. 
Dès sa préface, Merlin Thomas annonce que le but de son Louis-Ferdinand Céline (20) est modeste : d'offrir une introduction générale à l'homme et l'œuvre. Cette étude fait des efforts, parfois excessifs, pour réhabiliter Céline en tant qu'artiste, mais aussi en tant qu'honnête homme. Cela mène à une apologie pleine d'enthousiasme. On saura gré pourtant à Thomas de nous présenter de nombreux extraits des écrits de Céline, accompagnés de ses propres traductions. Un pareil travail de vulgarisation ne peut manquer de stimuler l'intérêt.
Les deux volumes sur Céline parus dans les années 1980 sont une bibliographie et un recueil d'essais, tous les deux publiés aux États-Unis. L'étude bibliographique de Luce et Buckley (29) recouvre la période 1932-82, et contient une compilation sélectionnée de presque deux mille références. Cela est un outil d'une valeur inestimable pour tout critique qui se penche sur Céline.
Les divers textes réunis dans le recueil Understanding Céline (30), présenté par James Flynn, et publié non sans humour à la Genitron Press de Seattle, constituent une initiative destinée à restituer une image plus véridique de Céline. Des contributions de William Buckley, Wayne Burns, Gerald Butler, John Leeds, Bill Ott et Jerry Zaslove complètent un aperçu varié et positif de l'œuvre célinienne.

Beaucoup de critiques de langue anglaise concentrent leur attention sur les deux premiers romans

La dernière catégorie de matière critique que nous proposons d'examiner, celle des articles publiés en revue ou en périodique, s'avère nettement plus difficile à synthétiser. Nous avons choisi donc de borner le champ de nos observations à un nombre assez restreint de contributions qui sont d'un intérêt particulier. Il est vrai que beaucoup de critiques de langue anglaise concentrent leur attention sur les deux premiers romans. Peut-être croient-ils que le Céline d'après-guerre est malsain à cause des pamphlets ? Cela ne veut pas dire que les essais de ce genre manquent de sérieux. 

Signalons, par exemple, l'article de Carys Owen, « Networks of symbol, in Voyage au bout de la nuit» (31), qui préconise l'unité de composition et la logique structurale de Voyage à travers un examen du réseau symbolique dans le roman. 
L'un des plus indéfatigables des Célinistes de cette période, Colin Nettlebeck, suggère en 1974 un parallèle intéressant entre Voyage et The Invisible Man d'Elliot, comme deux études de l'aliénation sociale et économique (32). En 1972, Nettlebeck avait également fait face au problème épineux des pamphlets, pour explorer la relation entre l'antisémitisme de Céline et son évolution esthétique (33). 
Un ton plus sévère caractérise l'article de Rabi, dans Patterns of Prejudice en 1974, qui condamne les pamphlets comme l'expression inexcusable d'un courant permanent et universel de haine (34). Laissons toutefois la dernière parole à Nicholas Hewitt qui, dans sa « Note on Céline's Ballets » (35), publiée en 1975, attire notre attention sur un aspect essentiel, mais souvent oublié, de l'œuvre célinienne. Hewitt souligne cette ambiguïté chez Céline entre amour de la vie et haine de la vie, énigme qui ne cesse de tourmenter tout lecteur de bonne volonté.
Une douzaine d'introductions et de biographies critiques, autant de thèses d'université, cinq nouvelles traductions en anglais, des centaines d'essais, d'articles, et de comptes rendus illustrent parfaitement une renaissance d'intérêt pour cet écrivain dans le monde anglophone. On peut, bien sûr, constater que la totalité de cette réponse ne fait pas le poids à côté de la vaste documentation produite par la critique de langue française pour la même période. Pourquoi cette réticence, cet apparent manque d'intérêt ? 

Malgré tous les efforts de réhabilitation, il semble que Céline reste un écrivain de haut risque. Devant un tel phénomène, nous ne pouvons qu'envisager des hypothèses. Est-ce que l'esprit anglo-saxon se recroqueville devant la possible contagion des idées politiques et morales de cet homme, comme la chair se rétracte devant une flamme ? Peut-être, même à notre insu, sommes-nous comme Wayne Booth handicapés par des attitudes radicalement opposées à celles de Céline ? 
Il est à espérer qu'une nouvelle génération, moins conservatrice certes, puisse admettre la coexistence en un homme de l'admirable et du détestable, pour se lancer impunément dans les études célimennes.

Leslie Davis La Revue des Lettres Modernes, n° 849-856, 1988, 
« L.-F. Céline (5) : Vingt-cinq ans d’études céliniennes »



Notes
1. « Louis-Ferdinand Céline. Controversial French Writer Dies », New York Times, July 5, 1961, p. 33b-c.
2. « M. L.-F. Céline: French Novelist of Despair », The Times, July 5, 1961, p. 15 a.
3. « Authors. End of the Night », Newsweek, July 17, 1961, pp. 39b-c, 42a.
4. Britannica Book of the Year (1961) (Chicago, Encyclopedia Britannica Inc., 1962), p. 504 b.
5. New International Year Book (New York, Funk and Wagnalls, 1962), p. 533 a.
6. Edward DENTRY, « Books: Céline Flees to Denmark », The News American, June 23, 1974, Sect. F., p. 12g-h.
7. Andrew SINCLAIR, « Books. Prophet of the Apocalypse », The Spectator, April 16, 1965, pp.508-9a.
8. Anthony BURGESS, « The Lower Depths », The Guardian, Feb. 11, 1966, P. 8f-g-
9. V. S. PRITCHETT, « Down the Drain with Monsieur Céline », The New Statesman, June 17, 1966, pp. 883-4 c.
10. Georges STEINER, « Cry Havoc », New Yorker, Jan. 20, 1968, pp. 106, 109-15.
11. Naomi BLIVEN, « Books. Connoisseur of Destruction », New Yorker, June 10, 1974, pp. 129a-c, 130b, 132b-c.
12. Wayne C. BOOTH, The Rhetoric of Fiction (Chicago, Univ. of Chicago Press, 1961), pp. 379-85.
13. Wayne C. BOOTH, A Rhetoric of Irony (Chicago, Univ. of Chicago Press. 1974), p. 241, n.7.
14. Henri PEYRE, French Novelist of Today (New York, Oxford Univ. Press [Galaxy Book], 1967), pp. 180-209.
15. Guy MERIMER, Books Abroad, Winter 1963, pp.34b-5a.
16. Cyril CONNOLLY, « Cyril Connolly chooses a reader's guide to the Modern Moment. 100 key books », The Sunday Times (Weekly Review), Nov. 7, 1965, pp. 46-7 c.
17. John FRASER, « Bull's-eye », New Republic, May 18, 1974, pp. 22 a-3 a.
18. Annie GOTTLIEB, « A Note of "Peace" in his Maniacal Laughter », Minneapolis Tribune, July 7, 1974, Sect. D, pp. 10a-f-1 l b-d.
19. Patrick MC CARTHY, Céline: A Critical Biography (London, Allen Latte, The Penguin Press, 1975), 352 p.
20. Merlin THOMAS, L.-F. Céline (London-Boston, Faber and Faber, 1979), 252 p.
21. David HAYMAN, L.-F. Céline (New York, Columbia Univ. Press, « Columbia Essays on Modern Writers », No. 13, 1965), 48 p.
22. Erika OSTROVSKY, Céline and His Vision (New York, New York Univ. Press [Gotham Library], 1967), xv-225 p.
23. Erika OSTROVSKY, Voyeur voyant : A portrait of L.-F. Céline (New York, Random House, 1971), x1-401 p.
24. Allen THIHER, Céline: The Novel as Delirium (New Brunswick, Rutgers Univ. Press. 1972), VIII-279 p.
25. Bettina KNAPP, Céline: Man of Hate (University, Univ. of Alabama Press, 1974), ix-262 p.
26. David O'CONNELL, L.-F. Céline (Boston, Twayne Publishers, 1976), 175 p.
27. J. H. MATTHEWS, The Inner Dream : Céline as Novelist (Syracuse, Syracuse Univ. Press, 1978), 235 p.
28. Stanford LUCE, A Glossary of Céline's Fiction (Ain Arbor, Michigan Univ. Microfilms International, 1979), x11-320 p.
29. Stanford LUCE and William BUCKLEY, A Half Century of Céline: An Annotated Bibliography, 1932-1982 (New York & London, Garland Publishing Inc., 1983), 368 p.
30. James FLYNN (ed.), Understanding Céline (Seattle, Genitron Press, 1984), 279 p.
31. Carys OWEN, « Networks of Symbol in Voyage au bout de la nuit », Forum of Modern Language Studies, Jan. 1975, pp.46-58.
32. Colin NETTELBECK, « From Inside Destitution », Southern Review [Adelaide], Nov. 1974, pp. 246-53.
33. Colin NETTELBECK, « The Anti-semite and the Artist... », Australien Journal of French Studies, May–Aug. 1972, pp. 180-9.
34. W. RABI, « The vision and madness of L. - F. Céline: genius of Caliban », Patterns of Prejudice, Jan.-Feb. 1974, pp. 24-9.
35. Nicholas HEWITT, « A Note on Céline's Ballets », Neophilologus, vol. LIX, no. 4, 1975, pp. 505-11.

mercredi 19 septembre 2018

Edouard Philippe a lu Céline et s'en défend dans Des Hommes qui lisent. En réponse, la lettre ouverte de Francis Bergeron


Des Hommes qui lisent Édouard Philippe
JC Lattès, 2017, 150 pages, 15 €.
Édouard Philippe approche Céline avec précaution, nous dirions "les précautions d'usage", mais consacre tout de même un chapitre de onze pages au Voyage et de courtes allusions ici et là, dans sa sélection de livres quand il choisit Semmelweis, «déjà sombre et crépusculaire».





D'abord séduit par l'amour des beaux textes de droite que développe Monsieur not' Premier ministre, Francis Bergeron lui assène une volet de bois vert dans Présent. Lui reprochant son incohérence, il feint de s'étonner de sa lâcheté quand il renie ses convictions sur la liberté de pensée et la création littéraire. 


lundi 23 juillet 2018

Le Goncourt 1932 dans le quotidien Excelsior


Excelsior 7 décembre 1932 


AUJOURD'HUI, ATTRIBUTION DU 30e PRIX GONCOURT 


Aujourd'hui, le Prix Goncourt sera attribué pour la trentième fois. C'est à l'issue du déjeuner traditionnel que le lauréat sera proclamé. Le prix, on le sait, n'est que de 5.000 francs, mais il a pour son bénéficiaire un retentissement qu'aucun autre prix littéraire ne  connaît. Et cela explique la passion qui souvent se manifeste à propos de cet événement auquel le public s'intéresse lui aussi, avec passion.  
Les Goncourt aiment le rare, le lointain, l'inconnu ou le peu connu; Ils aiment se donner "le" plaisir de la découverte et la réputation de l'indépendance. Ils agissent loin des coteries, mais obéissent parfois à de, proches influences, comme ce fut le cas quand ils couronnèrent M. Claude Farrère patronné par Pierre Loti, les frères Tharaud et  Emile Moselly, patronnés par Maurice Barrés, Ernest Pérochon patronné par Gaston Chérau, quand celui-ci ne faisait pas encore partie des Dix. Qu'apportera, aujourd'hui, la rentrée dans leur sein d'un de leurs membres les plus actifs et les plus influents, de M. Lucien Descaves ? 
La première année de la guerre, le prix ne fut pas attribué, niais les Goncourt en décernèrent, deux en 1916, dont un à Adrien Bertrand, mort l'année suivante des suites de ses blessures, pour son ouvrage L'Appel du sol
On sait que le prix Théophraste-Renaudot est attribué le même jour que le Prix Goncourt par un jury de journalistes et de courriéristes littéraires.

Excelsior 8 décembre 1932



LE PRIX GONCOURT A M. GUY MAZELINE 

Le succès de son candidat lui semblait assuré depuis la dernière réunion des Goncourt. Avec M. Léon Daudet, par la plume et par la parole, il soutenait l'auteur du Voyage au bout de la nuit. Ce roman, quelques instants après, en ce même lieu, obtenait le prix Théophraste-Renaudot. Mais ceci ne remplace pas cela.
La chance du lauréat 
On sait que le nouveau lauréat du prix Goncourt eut, lundi dernier – au dernier vote du prix Femina, le même nombre de voix que M. Ramon Fernandez. Chacun en recueillit 9 et il y eut deux bulletins blancs. La voix de la présidente départagea les ex-œquo. On assure que le nom de M. Mazeline avait été écrit sur l'un des deux bulletins déclarés nuls, mais du bout d'un crayon dont la mine était cassée. A quoi tiennent les choses! A un rien qui décide au-dessus du petit cercle des plus expresses volontés humaines. 
Il l'emporta hier par 6 voix contre 3 à M. L.-F. Céline et une à M. Raymond de Rienzi. 
Né au Havre, en 1900, d'une famille d'armateurs et de navigateurs, M. Mazeline, à six ans, quitta cette ville avec ses parents pour Fort-de-France et demeura un an à la Martinique. Il commença ses études au Havre à l'institution Saint-Joseph, partit à onze ans  pour un séjour de six mois dans les îles Seychelles et vint continuer ses  classes à Paris, au lycée Condorcet et dans diverses institutions privées. De !a  marine marchande, un engagement le fit passer dans la marine de guerre. Stage sur le navire-école Magellan. Campagne de dix mois en Syrie, à bord d'une canonnière affectée au dragage des mines. 
Ayant quitté la marine pour le journalisme, il fit ses débuts à Marseille et devint, en 1927, collaborateur de l'Intransigeant, où il est actuellement chroniqueur judiciaire. 
Piège du démon fut son premier roman. Vinrent ensuite : Porte close et Un royaume près de la mer qui fut présenté l'an dernier aux Goncourt. Les Loups, dont il aurait pu tirer aisément deux volumes, auront une suite dans le Capitaine Durban. A midi 30, ce livre était chez les libraires avec la bande d'honneur Prix Goncourt 1932. Au record de la rapidité des Goncourt s'ajoute celui de l'éditeur. 

LE PRIX THÉOPHRASTE-RENAUDOT 

Le prix Théophraste-Renaudot a été attribué à. M. Louis-Ferdinand Céline au troisième tour de scrutin, par 6 voix contre 3 à M. Léopold Chauveau et une à M. Pierre-René Wolf. 
Le lauréat, qui a usé d'un pseudonyme pour être plus libre dans une langue truculente, est le docteur Destouches, qui exerce sa profession en banlieue, dans un dispensaire. Il n'écrit que la nuit, non pour son plaisir, mais pour utiliser les heures que ne lui 
prend pas le sommeil.  ROGER VALBELLE.

Excelsior 4 janvier 1933


UN CHRONIQUEUR JUDICIAIRE, UN VIRTUOSE DU VOLANT, 
UN MÉDECIN : TROIS GRANDS PRIX LITTÉRAIRES 
M. GUY MAZELINE EST CHRONIQUEUR JUDICIAIRE. LE VOICI ( x ) 
ÉCRIVANT SON ARTICLE PENDANT UNE AUDIENCE AU PALAIS 
M. RAMON FERNANDEZ EST UN VIRTUOSE DU VOLANT. C'EST EN 
SPÉCIALISTE QU'IL AUSCULTE L'INTÉRIEUR D'UNE PUISSANTE MACHINE 
QUANT A M. CÉLINE, REDEVENU LE DOCTEUR DESBORDES ( X ), 
IL SOIGNE LES MALADES D'UNE CLINIQUE DE BANLIEUE 



Les trois hommes qu'ont couronnés les trois grands prix littéraires de décembre, prix Goncourt, prix Femina, prix Théophraste-Renaudot, ne sont pas seulement des romanciers pleins de talent. Voici trois instantanés qui les ont surpris dans leur vie quotidienne. M. Guy Mazeline, l'auteur des «Loups», prix Goncourt, est chroniqueur judiciaire dans un journal du soir, métier qui lui livre bien des sujets de douloureuse et amère observation. Quant à M. Ramon Fernandez, auteur du «Pari», prix Femina, il a pu, se faisant de l'automobile une spécialité, connaître un monde qui joue un rôle important dans notre société mécanique. Et M. Céline qui, avec Voyage au bout de la nuit, a eu le prix Théophraste-Renaudot, c'est dans l'atmosphère humaine et pitoyable d'une clinique de banlieue qu'il a pu méditer sur les misères humaines qu'il côtoie et observe chaque jour.

mardi 12 juin 2018

Le Questionnaire Sandfort ou de la difficulté à traduire Céline en néerlandais


Une belle tête hallucinée de héros dostoïevskien. Joop Sandfort était un homme solitaire et génial, un être tourmenté. A maintes reprises il a souffert de dépressions ; souvent il fut traité par les neuropsychiatres. Quand, à un âge avancé, il sentait monter un accès de folie, il allait tout simplement se présenter dans une clinique proche de son domicile. En outre, il révèle ouvertement la naissance de ses sentiments pédophiles dans des souvenirs de jeunesse (inédits encore).


«La correspondance entre Céline et son traducteur néerlandais J.A. Sandfort a duré environ une année, de septembre 1933 à septembre 1934. Pendant cette période Céline envoya à son traducteur neuf lettres et une trentaine de pages de réponses à des questions de traduction. Nous publions en outre deux lettres des éditeurs Denoël et Steele, dans lesquelles ils satisfont à la demande de Sandfort les priant de lui envoyer des renseignements biographiques. Nous avons retrouvé quelques brouillons des lettres envoyées par Sandfort qui nous permettent de mieux reconstruire le déroulement de la correspondance.



Les lettres se rapportent toutes à la traduction néerlandaise de Voyage au bout de la nuit. Elles sont avant tout fonctionnelles et décrivent plusieurs stades : l'autorisation de l'auteur, la traduction proprement dite, la publication et le succès commercial. Ce sont bien sûr les problèmes de traduction qui sont le plus longuement abordés.
La découverte de cette correspondance est le résultat de recherches assidues et de notre intérêt grandissant pour le traducteur. Aux Pays-Bas, on s'épuisa souvent ces dernières années en louanges quand il fut question de Sandfort. On ne put que fantasmer sur l'existence d'une correspondance entre lui et Céline. Il s'est trouvé que les archives personnelles de Sandfort existaient encore et que les lettres de Céline étaient en effet remarquables.
Josephus Adrianus dit Joop Sandfort naquit à La Haye le 9 décembre 1893. Il doit sa renommée à la traduction néerlandaise de quelques chefs-d’œuvres de la littérature mondiale ainsi qu'à l'introduction en Hollande de quelques auteurs devenus célèbres depuis. La traduction qui lui vaut la réputation de primus inter pares parmi les traducteurs est celle de l'œuvre de Rabelais. Elle paraît en deux tomes en 1931 et en 1932, est partout louée, et considérée comme un chef d'œuvre.
Après la Seconde Guerre mondiale, Sandfort se voit confier la traduction de quelques ouvrages prestigieux – André Gide, Marguerite Yourcenar, D.H. Lawrence, Maxime Gorki –, mais la plupart de ses travaux concerne une littérature plus populaire.
Si dans certains cercles littéraires il est considéré comme le pionnier génial ayant pris en compte Céline et Yourcenar, il a du mal auprès des éditeurs à " placer " une traduction. Ayant proposé par exemple les traductions de James Joyce et du sociologue Thorstein Veblen, il est partout éconduit. En 1958, vers la fin de sa vie, un éditeur lui écrit qu'il payera ses travaux de traduction, " même s'il faut dire que vous connaissez peut-être les langues germaniques, mais certainement pas le français ! " Joop Sandfort, qui avait fait des études d’économie et de français, traduisait vite et parfois de façon intuitive : " C'est curieux, des fois je traduis sans comprendre et si je me relis, je comprends, et la traduction se trouve être acceptable ". Joop Sandfort était un homme solitaire et génial, un être tourmenté. A maintes reprises il a souffert de dépressions ; souvent il fut traité par les neuropsychiatres. Quand, à un âge avancé, il sentait monter un accès de folie, il allait tout simplement se présenter dans une clinique proche de son domicile. En outre, il révèle ouvertement la naissance de ses sentiments pédophiles dans des souvenirs de jeunesse (inédits encore).
Lors de la Première Guerre mondiale, alors que les Pays-Bas restent neutres, Sandfort envisagea sérieusement de s'engager dans une armée étrangère. On ignore quels étaient les problèmes qu'il pensait résoudre de cette manière. Désespoir ? Naïveté ? On ne sait. Il renoncera finalement à ce projet.
Joop Sandfort reste donc en Hollande, peu armé pour affronter la vie. Dans les années vingt, Mme Tine Brouwer, devenue veuve alors qu'elle était jeune encore, recueille Sandfort qu'elle avait connu à La Haye. Pendant de longues années il a vécu sous son toit à Hilversum, près d'Utrecht.
Il était un observateur attentif de la nature. Il notait ses découvertes méticuleusement dans son journal, tout comme il tenait à jour le compte de ses rares revenus et petites dépenses : pains chauds ou timbres, il rendait compte de tout au centime près. Une autre passion de Sandfort était l'œuvre du sociologue américain Thorstein Veblen dont il avait traduit A Theory of the leisure class. Nous avons trouvé le manuscrit de cette traduction dans ses archives. Il a essayé de faire publier ce texte pendant toute sa vie, l'offrant à plusieurs éditeurs, écrivant des articles sur Veblen dans les périodiques sociaux-démocrates et anarchisants. Beaucoup plus tard, il demandait encore à des psychiatres de jeter un coup d'œil sur l'œuvre de Veblen. En 1974, bien des années après la mort de Sandfort qui intervint en 1959, l'ouvrage principal de Veblen fut publié en Hollande... dans une autre traduction !
Sandfort eut toute sa vie des problèmes d'argent : à l'époque où il traduisait Rabelais, dès qu'il avait fini une feuille de la traduction, il allait la porter chez son éditeur Schoonderbeek en échange d' un florin ! Dans son travail il était soutenu par le professeur de français de l'Université d'Utrecht, Piet Valkhoff, qui habitait également à Hilversum.
C'est sans doute Valkhoff qui a suggéré à la maison Mulder & Cie d'Amsterdam le nom de Sandfort pour la traduction de Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline. L'éditeur, n'ayant aucune expérience dans le domaine littéraire, avait demandé conseil aux professeurs de langues romanes Valkhoff et Lopez Cardoze. Ceux-ci avaient été très impressionnés par le livre, qu'ils trouvaient néanmoins, comme beaucoup d'autres à l'époque, trop long. »

Michel Uyen et Peter Altena

Ce que l'on appelle à proprement parler le "questionnaire" est un ensemble de demandes d'éclaircissement envoyé à Louis-Ferdinand Céline par son traducteur. Sandfort a lui-même numéroté ses trente-trois envois sur lesquels il avait laissé un espace vierge après ses questions pour les réponses de l'auteur. Le fac-similé de ces échanges est enrichissant à plus d'un titre. Céline est lapidaire, un peu comme si il ne croyait pas vraiment à l'intérêt de cette traduction. En voici quelques exemples :








mardi 5 juin 2018

Une légende, une vie Louis-Ferdinand Céline Emission du 3 septembre 1976 sur Antenne 2



Une légende, une vie Louis-Ferdinand Céline 
Emission du 3 septembre 1976 sur Antenne 2 présentée et annoncée dans Télé 7 jours du 28 août 1976


Louis-Ferdinand Céline, une légende, une vie 
Documentaire de 1976 réalisé par Claude-Jean Philippe et
Monique Lefevre. 
Vous pourrez y entendre le Dr Wuillemin,
François Gibault, Eliane Bonabel, Michel Simon, Arletty,
Raphaël Sorin, le Pasteur Löchen et Philippe Sollers.


En lisant Voyage au bout de la nuit j'ai reçu comme un coup de poing en pleine figure (Gaétan Picon)
Quand la presse parlait de Céline sans haine… mais avec lucidité.
Dernières Nouvelles d'Alsace DNA vendredi 3 septembre 1976